La Côte d’Ivoire organise le premier Salon International des Ressources Extractives et Energétiques (Sirexe) pour rendre plus compétitif le marché de mine, pétrole et l’énergie. Ce salon se déroule du 27 novembre au 02 décembre 2024 au Parc des Expositions d’Abidjan.
La première édition du Sirexe représente une occasion inestimable pour les artisans miniers africains, comme l’a souligné M. Soro Oumar, président de la Fédération Africaine des Artisans Miniers (FAAM). Cet événement est une réponse nécessaire aux défis rencontrés par les secteurs énergétiques, miniers et pétroliers, qui sont intimement liés mais qui n’ont pas encore trouvé de voie commune de collaboration.
Le Sirexe est considéré comme un tournant décisif, car il regroupe pour la première fois les acteurs majeurs de ces trois domaines. M. Soro a exprimé son optimisme en soulignant que l’exploitation minière nécessite inévitablement des ressources énergétiques, et vice versa.Ce qui suggère un potentiel énorme pour des partenariats et des initiatives communes au sein du continent.
Des pays venant de tous horizons, même ceux qui ne sont pas traditionnellement miniers, ont affiché leur présence lors de cet événement. Cette diversité souligne la volonté collective de promouvoir un développement durable et inclusif des industries extractives en Afrique. D’autres pays, comme le Gabon, qui n’ont pas pu se déplacer, ont également exprimé leur soutien, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour la coopération panafricaine dans ce secteur.
Le président de la FAAM a également soulevé des préoccupations concernant les petites exploitations minières, souvent associées à des activités illégales et à une exploitation désordonnée. Il a insisté sur la nécessité d’encadrer ces activités au lieu de les stigmatiser, reconnaissant que beaucoup d’Africains impliqués dans l’exploitation minière sont analphabètes et pourraient bénéficier d’un soutien éducatif et réglementaire. L’objectif est de transformer ces exploitations artisanales, souvent négligées, en levier de développement économique durable, servant les intérêts des communautés locales.
En outre, il est crucial de créer un réseau d’information entre les pays participants pour faciliter les échanges de bonnes pratiques. M. Soro a mis en avant la nécessité d’une organisation plus structurée du secteur artisanal, en évoquant des exemples de sites miniers bien gérés qui démontrent que l’industrialisation des petites mines est non seulement possible, mais nécessaire.
L’intervention de la FAAM souligne également l’importance de constituer un cadre légal solide pour garantir que les artisans miniers puissent exercer leur activité dans un environnement sûr et respectueux des droits humains. La clandestinité dans le secteur minier est dangereuse non seulement pour les travailleurs, mais également pour les communautés, qui peuvent souffrir de l’absence de régulations.
Ce Sirexe pourrait donc être le point de départ d’une transformation radicale du secteur minier africain, visant à promouvoir la transparence et la responsabilité, tout en respectant les préoccupations environnementales. La présence d’ONG engagées dans la moralisation et l’éthique de la vie publique au sein de la Fédération souligne l’importance d’une approche intégrée qui vise à lutter contre la corruption et à promouvoir des pratiques durables.
La première édition du Sirexe, les participants, offre une plateforme unique pour réunir les acteurs du secteur minier africain, encourager la coopération régionale, et promouvoir un développement inclusif et durable. L’engagement des pays participants, des organisations et des acteurs locaux est essentiel pour faire de cette initiative un succès et réinventer le paysage minier en Afrique.

Tanoh E.