Dr Hala Kinampinan montre les maladies du manioc aux producteurs semenciers dans un champ

La maîtrise des maladies qui affectent le manioc, passe avant tout par une identification rigoureuse des symptômes. C’est l’un des messages forts du Dr Hala Kinampinan, entomologiste au Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), lors d’un atelier de formation des producteurs semenciers de manioc. Cette formation, axée sur la conduite d’un parc à bois, a eu lieu du 3 au 5 septembre 2025 à Abengourou, rassemblant trente(30) producteurs semenciers et cinq(5) techniciens spécialisés en culture annuels(TSCA) de l’Agence Nationale de Développement Rural (ANADER) venus des régions Est et Nord-Est de la Côte d’Ivoire.
Le manioc, souvent surnommé « l’or blanc » de l’Afrique, est malheureusement une plante particulièrement vulnérable. Les virus, bactéries et champignons, souvent véhiculés par des insectes, les punaises et, les pratiques culturales et les conditions météorologiques, peuvent infecter les plantes. S’ajoutent à cela les attaques de ravageurs et la concurrence des mauvaises herbes, qui étouffent la croissance du manioc. Dr Kinampinan a particulièrement expliqué la gravité des viroses, bactérioses et anthracnoses, capables de compromettre les fonctions biologiques de « l’or blanc ».
Le chercheur du CNRA a rappelé aux apprenants que toute altération affectant une plante perturbe sa croissance, son développement ou son fonctionnement. Ces perturbations se traduisent par des symptômes visibles. Pour illustrer ses propos, il a pris l’exemple de la maladie de la mosaïque du manioc, une virose particulièrement destructrice pour les parcs à bois.
« Le virus de la mosaïque du Manioc est transmis d’une plante malade à une plante saine de diverses façons, notamment par un insecte piqueur, par voie végétative à partir des boutures contaminées et occasionnellement par voie mécanique », a expliqué le Dr Kinampinan. La mosaïque du manioc se reconnaît aux taches sur les feuilles notamment des plages vertes et vert clair, voire jaunâtres, dont l’apparence varie selon la variété de manioc, la souche du virus et l’environnement. Les feuilles atteintes peuvent ressembler à du papier froissé, se déformer et leur surface se réduit. Dans les cas les plus sévères, les plantes peuvent devenir naines et rabougries.
Face à de tels symptômes, le message du Dr Kinampinan est clair : « Dès que vous reconnaissez ces symptômes sur un plant de votre parcelle, retenez que ce plant ne doit plus servir de bouture à la récolte ».
Pour conclure, le spécialiste a prodigué des conseils essentiels aux producteurs semenciers et TSCA . « Les seuls conseils en pareil situation sont d’arracher systématiquement les plants et de les brûler, d’utiliser des variétés tolérantes ou résistantes, et de planter les boutures saines tôt au début de la saison des pluies », a-t-il recommandé.
Dao Chaba